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Samedi 18 février 2006
Artwork © Jessica Galbreth www.enchanted-art.com


Ecrit en 1763
Traduit en Français moderne par François de la Mortadelle en 1885
Retrouvé dans des archives perdues par Eleanor Oriflamme

Il était une fois, dans une contrée éloignée et en un temps incertain, un pays qui avait connu les affres de la guerre. Ses habitants étaient bien malheureux, sa terre était pauvre, son paysage était désolant. Il pleuvait tout le temps et il faisait tout le temps froid.

Le pays était ainsi depuis une centaine d’années, l’horreur des guerres qui s’étaient déroulées en cette terre avait dépeint sur le pays tout entier. C’était comme si la terre voulait faire regretter aux gens toute leur haine et toute leur violence.

Dans une petite maison vivaient une mère et ses deux enfants, le père s’était fait tuer lors de la guerre. La mère et les enfants avaient beaucoup pleuré leur malheur, leur vie était difficile, d’autant plus que tous leurs voisins étaient dans la misère. Ils devaient travailler tout le jour dans les champs qui ne donnaient rien, ils n’avaient presque rien à manger. Et cette pénible situation s’étendait à tout le pays.

Les deux enfants étaient un grand frère et sa petite sœur, et tout deux bien braves, ils aidaient beaucoup leur mère. Pour échapper à leur dur quotidien et à leur peine, ils aimaient à se promener dans la forêt . En cette forêt ils avaient un endroit fétiche, c’était un merveilleux lieu lorsqu’il était vu par des yeux d'enfants, de nombreux buissons et arbres entouraient une souche d’arbre centenaire qui avait été abattu lors d’une guerre. Ils appelaient cet endroit "la vieille Souche".

La fillette s’asseyait sur la souche et écoutait son grand frère qui lui racontait des histoires de chevaliers et de Dragons, de Princesses et de fées. La petite fille imaginait des mondes merveilleux dans sa tête. Grâce aux contes que son frère lui inventait, la petite fille oubliait pendant quelques instants la misère de leur vie.

Un jour, le frère raconta à sa sœur l'histoire du Dragon Elfique, il lui dit que partout où il passait, il faisait repousser la végétation, qu’il apportait chaleur et bonheur dans les coeurs les plus froids. Le Dragon Elfique a aussi le pouvoir d’exhausser le vœu le plus cher des gens, et ainsi rendre leur vie meilleure encore.

Le soir même, la petite fille repensa au Dragon Elfique dont lui avait parlé son frère. Elle se disait que si le Dragon Elfique existait, et qu’il venait dans leur pays, ça serait la meilleure chose qui pourrait arriver à sa maman, à son frère, et à tout les gens. Elle voulait que tout redevienne comme avant, comme aux temps dont lui avait parlé son frère, bien avant les guerres, où régnait la prospérité, la paix et le bonheur.

Depuis ce jour, la petite fille n’avait qu'une seule pensée, c’était de rencontrer un jour le Dragon Elfique pour que son rêve se réalise. Rien n’était plus pur que cette enfant, elle souhaitait le bien de son pays en entier et de tous les gens qu’ils l’habitent.

Un soir, alors que la fillette dormait, elle rêva qu’elle rencontrait réellement le Dragon Elfique et qu’elle parlait avec lui. Ils étaient tout les deux à côté de "la vieille Souche" dans la forêt. Le Dragon Elfique semblait malheureux et la petite fille lui demanda ce qu’il avait. Le Dragon la regarda et lui dit : « Il y a deux cent ans, j’habitais ici, prés de cet arbre. Nous étions amis. Mais les hommes l’ont abattu pour fabriquer des machines de guerre. Maintenant il n’est plus qu’une souche sans vie. La haine des hommes est la cause de tant de malheurs, le paysage de ce pays est dévasté, les habitants sont malheureux. » La fillette eu de la peine, mais durant le reste de son rêve elle s'amusa avec le Dragon, qui paraissait de moins en moins triste d’avoir trouvé une amie.

Le lendemain matin la petite fille fut réveillée par un minuscule rayon de soleil. Jamais les deux enfants n’avaient vu le soleil. Il était toujours caché par de gros nuages noirs. Cependant, ce jour-là les nuages semblaient s’être écartés… La fillette et le garçon adoraient le soleil, il caressait doucement la peau de ses rayons et il réchauffait leur cœur. C’était une sensation nouvelle pour eux, et ça leur plaisait beaucoup.

Soudain, le frère regarda au loin et fit remarquer à la fillette que le paysage semblait un peu plus vert que d’habitude. Ils pouvaient distinguer de chez eux la forêt où ils aimaient à se promener, et de là ils pouvaient distinguer que quelques arbres avaient quelques feuilles vertes. D’habitude, les arbres ne possédaient aucune feuille, ou alors celles qu’ils possédaient étaient oranges.

Depuis fort longtemps, la fillette et le garçon n’avaient pas vu leur mère sourire, elle avait la larme à l’œil.

Après avoir aidé leur maman dans les champs et la maison, le frère et sa petite soeur partirent se promener dans la forêt. Sur le chemin, ils remarquèrent qu'un peu de gaieté c'était installé dans le cœur de leurs voisins.

Une fois arrivés la vieille Souche", la fillette se remémora son rêve et demanda à son frère de lui en dire plus sur le Dragon Elfique. Le frère dit à sa sœur : « Il serait bien commode de connaître un Dragon Elfique. J’ai souvent rêvé que j’en rencontrais un ici même, à "la vieille Souche". Mais mon rêve se finissait toujours avant que je n’aie pu prononcer mon vœu au Dragon. Dis-moi soeurette, quel serait ton vœu si tu en avais un à formuler au Dragon ? » La petite fille répondit simplement que ce qu'elle souhaitait, c’est que tout le monde soit heureux, que ça soit les gens de leur pays, leur maman ou bien le Dragon Elfique, car elle savait qu'il était tout seul et bien malheureux. Elle souhaitait le bonheur de tous.

La nuit, la fillette rêva qu’elle rencontrait le Dragon Elfique à "la vieille Souche" qui cette fois-ci était toute recouverte de lierre, les arbres et les buissons avaient des feuilles et plusieurs fleurs illuminaient le sol. Le Dragon remercia la petite fille qui ne savait pas exactement pourquoi, puis ils s’amusèrent encore beaucoup ensemble, le Dragon semblait avoir retrouvé sa gaieté.

Le lendemain, quand la fillette et son frérot se réveillèrent, leur mère était en pleurs, et ils lui demandèrent pourquoi. La mère répondit : « Mes chers enfants, les Dieux nous ont bénis, après avoir vécu tant de souffrances, le bonheur revient enfin dans nos contrées. Les nuages ont disparu, le soleil resplendit à l’extérieur. Nos champs regorgent de cultures, tous les arbres sont verts, l’eau coule à flots dans la rivière. » Les enfants et la mère s’étreignirent, ils étaient tous heureux.

Pendant cette nuit, un certain Dragon s’était rendu dans les rêves d’une petite fille. Elle avait été la seule à vouloir s’amuser avec lui, d’habitude, les gens qui rêvaient de lui demandait toujours qu’il exhausse un vœu. La fillette était pure, elle ne désirait que le bonheur des gens qui l’entourent. Le Dragon se sentait moins seul, il était heureux.

Anatole Dulac
« Les Cœurs purs arrivent toujours à faire de grandes choses. Il suffit de croire en soi-même et au bonheur qu’on peut apporter aux autres. »

Conte d'illustration pour l'expédition Dragon Elfique.

Écrit par Anatole Dulac

Source: http://www.dracolab.com/contes.php?id=3

Vendredi 17 février 2006

Adapté d’un conte amérindien.

Celui qui a goûté aux morsures des brûlots sait qu’ils portent bien leur nom ! Ces insectes minuscules qui abondent en juin et juillet réduisent à néant le goût de la vie en plein air. Mais ils ne sont pas près de disparaître des bois entourant les lacs. Nous apprenons ici comment ils sont nés.

Il y a très longtemps, bien avant l’arrivée des hommes blancs, vivait dans nos parages un géant. Ce géant-là était tellement grand que sa tête dépassait les nuages. Un seul de ses pieds remplissait un lac et une seule de ses mains pouvait couvrir une forêt. Son souffle avait la force d’un ouragan ; sa voix ressemblait au tonnerre.

Quand il marchait, chacun de ses pas faisait naître un tremblement de terre. Mais quand il se déplaçait, justement, ses yeux étaient si éloignés de ses pieds qu’il lui arrivait souvent d’écraser des villages sans s’en rendre compte.

Alors, les gens, les Indiens qui vivaient dans le pays, commencèrent à le craindre. Ils se mirent à chercher un moyen pour le chasser ou le détruire. Mais ils se sentaient impuissants eux, si petits, devant le géant immense et puissant. Ils inventaient toutes sortes de stratagèmes depuis des années mail ils n’arrivaient à rien. Et la peur du géant augmentait. Un jour, le géant se sentit fatigué, ce qui arrive, même chez les géants. Alors, il se coucha dans le fleuve Saint-Laurent. Il s’assit dans l’eau et appuya sa tête sur l’île d’Anticosti. Puis, doucement, il allongea ses membres : son bras droit trempait dans le Saguenay et sa main clapotait dans le lac Saint-Jean. Avec son bras gauche, il encercla les Appalaches. Son pied droit écrasa une partie de Montréal, sa jambe gauche aplatit une grande quantité d’arbres. Et le géant s’endormit.

Il dormit longtemps, longtemps car ce que fait un géant dure toujours beaucoup plus longtemps que pour les hommes ordinaires. Et ça, les Indiens le savaient. Ils se réunirent donc en grand conseil pour décider de profiter du sommeil du géant. Le temps était venu de mettre à profit tous les plans et les ruses qu’ils élaboraient depuis tant d’années.

Plusieurs tribus partirent vers l’île d’Anticosti. Là, les Indiens attachèrent les cheveux du géant aux grands arbres alentour. D’autres tribus filèrent plus loin pour attacher les cordons des mocassins du géant à tous les rochers qu’ils trouvèrent à proximité. D’autres encore détachèrent son ceinturon et lui firent faire le tour des Appalaches où ils le fixèrent solidement.

Puis, les Indiens coupèrent une grande quantité d’arbres qu’ils empilèrent sur le corps du géant endormi. Petit à petit le géant se retrouva enseveli sous d’énormes tas de troncs et de branches d’arbres qui séchaient au soleil. Et le géant dormait toujours. Quand les Indiens jugèrent que le géant ne pourrait plus jamais se relever, ils retournèrent dans leurs bourgades.

Mais un orage s’éleva et un éclair mit le feu à la forêt. Le géant s’éveilla et s’aperçut qu’il ne pouvait pas bouger. Il essaya de se défaire de ses attaches et des piles de bois qui l’immobilisaient, tandis que l’incendie gagnait du terrain et commençait à atteindre les billots. Sa colère était grande. Il rassembla ses forces et, d’un bond, il cassa ses liens et fit rouler le bois qui l’entravait. Il se sauva à grandes enjambées et décida de se venger en jetant un sort aux gens qui avaient tenté de le tuer. Il se mit à piétiner les flammes et le bois calciné et aussitôt des millions et des millions de petites pépites noires remplirent le ciel enfumé au-dessus du pays. Et instantanément, ces millions de petits points noirs se changèrent en brûlots, tandis que le géant de ses pas gigantesques quittait à tout jamais le pays à moitié dévasté. Mais il avait éteint le feu, et le pays survécut et les brûlots aussi !

Source: La légende des brulôts

Samedi 11 février 2006

On raconte qu'il y a bien longtemps existait près de Flers un couvent où les moines étaient renommés pour leur bonté et leur piété. Ils ne rataient jamais une prière ou une louange à Dieu. Hors, les années passant, le petit monastère s'enrichit de plus en plus et avec l'argent disparut la piété. Les moines ne pensaient plus qu'à s'empiffrer et allèrent même jusqu'à détrousser les pauvres paysans ou les inconscients voyageurs qui osaient s'aventurer sur leurs terres… Et ne parlons même pas du sort qu'ils réservaient aux jeunes jouvencelles qui osaient s'approcher du couvent ! Elles y perdaient souvent leur honneur par les vilaines facéties des moines sans scrupules. Une nuit de Noël, les moines étaient à fêter la naissance du Sauveur à leur façon. Ils mangeaient, échangeaient pâtés et pain blanc, tartes et gigots, bières et vins… Lorsque tout à coup, ils entendirent sonner les cloches pour la prière. Hors tous les moines étaient rassemblés en la salle à manger et de toute façon, les cloches n'avaient plus sonner depuis belle lurette ! D'abord effrayés par ce son les rappelant à l'ordre, ils l'oublièrent bien vite et se précipitèrent à nouveau sur les mets délicieux. Les cloches se mirent à sonner de plus en plus fort. Un des moins blasphéma alors quelque chose et au moment même un éclair foudroyant tomba sur le monastère ! Le lendemain, quelques paysans qui avaient entendu un énorme fracas durant la nuit, se rendirent sur les lieux où normalement ils auraient du trouver la bâtisse des religieux. Mais en lieu et place du couvent s'étendait maintenant un lac aux eaux noires et silencieuses. Les gens du pays racontent souvent que la nuit de Noël, si l'on tend l'oreille du côté du Lac des Maudits, on entend le son des cloches rappelant la malédiction !

Source: Le lac des damnés
 

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