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Mardi 12 décembre 2006

Bonjour,

Voici la suite finale du petit conte. Je vous souhaite un bon début de semaine.

-Tu es vraiment perspicace mon enfant, je vais te raconter l’épopée de nos ancêtres telle qu’elle m’a été contée par mon père lorsque j’avais à peu près ton âge et que j’étais parti avec lui à la pêche. Alors, le père commença son récit, oubliant les filets de pêche et se concentrant seulement sur le regard de son enfant ébloui. 

« On dit qu’ils se sont créés à partir de la terre et de l’eau, tels des poteries, des mains invisibles les on sculptés, les on tracés et détaillés.  Par la suite, n’étant que boue séchée, ils commencèrent à se peindre entre eux en concoctant des mélanges de teintures à base de plantes et de minéraux.  Le soleil fît de cette teinture une partie intégrante de leur corps, ainsi leur peau était habillée des vêtements les plus magnifiques qu’ils soient.  Et puis un moment donné, ils s’observèrent...  Quel ne fût pas leur choc de constater qu’ils s’étaient peints tous de la même manière.  Ils décidèrent donc de partir chacun seul de leur côté et de se retrouver deux saisons plus tard au pied d’un arbre fruitier.  Le moment venu des retrouvailles aucune personne ne se reconnue, ils se dévisagèrent tous comme des étrangers se demandant chacun si l’autre ne provenait pas d’un autre espèce. Dans un grand fracas, ils se séparèrent, cependant ceux dont les caractères physiques apparaissaient semblables se regroupèrent.  Nos ancêtres proviennent d’un de ces groupes, ces derniers prirent le chemin du soleil couchant et bientôt ils se heurtèrent à la mer.  Lorsqu’ils virent l’océan, ils crurent tout d’abord qu’ils seraient mieux de rebrousser chemin, mais le chef Tshankak les incitèrent à fabriquer des pirogues pour traverser l’étendue d’eau salée.  Suite à plusieurs jours de labeur, ils rencontrèrent la côte et fondèrent le premier village, c’est-à-dire notre village mon enfant. »

- Père, demanda l’enfant, qu’est-il arrivé aux autres, ceux qui sont restés là-bas ?

« Houguyand, c’est là que l’histoire de notre peuple prend un tournant tragique, les êtres restés sur la terre ferme construisirent également des villages et se développèrent.  Toutefois, dans leur for intérieur ils entretenaient une haine et une jalousie pour les premiers maîtres de l’océan, tellement que leurs principales pensées furent à jamais tournées vers nous.  Depuis ce temps mon enfant, notre tribu attend les peuples de l’autre côté de l’océan, nous savons qu’ils seront bientôt là, de l’horizon pointeront bientôt leurs pirogues et nous saurons que notre fin approche ».   

L’enfant ne regardait plus l’horizon de l’océan de la même façon, des frissons parcouraient son corps tandis que son père ramenait le filet à bord de la pirogue remplie de succulents poissons. Cependant, Houguyand réfléchissait à d’autres choses, l’horizon signifiait maintenant la peur, il redoutait l’arrivée des étrangers, croyant d’un instant à l’autre y voir surgir une pirogue inconnue. Arrivé au village, ses amis l’attendaient, il parti avec eux joué avec la nature, comme tout enfant insouciant, il avait déjà oublié l’histoire de son père.


Samedi 9 décembre 2006

Bonjour à vous tous,


Comme je n'ai pas encore corrigé la suite de Freyra, j'ai décidé de dépoussiéré un viel article qui était caché dans les catacombes de la Tour.  Malgré la poussière et l'humidité, le parchemin est encore lisible. Pour faire plus court, j'ai divisé l'histoire en deux. La suite sera donc dans le prochain article. Vous allez constater que c'est très différent de mon style habituel. En effet, j'avais écrit ce récit pour un concours auquel je n'ai jamais participé. Le thème était «Au delà de l'océan».


Bonne journée !

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L’enfant courait en prenant attention de poser chacun de ses pas dans les empreintes laissées par son père sur le sable.  Dans ses mains, il tenait fièrement le dîner que la mère venait de préparer pour les deux hommes de la maisonnée.  Ce matin très spécial était jour de pêche et pour la première fois de sa vie de futur membre de la tribu, Houguyand accompagnait son père pour les immenses territoires d’eaux salés.  Son père déjà afféré à la préparation de la pirogue, était submergé par les éclairs de lumière qui zébraient le ciel, premier indice du départ de la course du soleil dans ses cieux.  À l’approche de son enfant, le père se retourna et répondit à l’enthousiasme de son fils par un sourire magnifique et sincère qui témoignait de l’admiration pour cette petite preuve d’amour qui sautillait comme un clin d’œil. 

Les deux joyeux compagnons étaient déjà très loin de la côte lorsqu’ils lancèrent leurs filets pour la première fois.  Le soleil continuait son chemin droit vers le zénith, tandis que le fils et son père conversaient sur la vie du village.  Tout en parlant, Houguyand ne pouvait quitter du regard la magnificence de l’océan et son extrême étendue infinie.  Il n’avait jamais vu auparavant une surface si plane, bleu, sans obstacles, totalement dénudée de tous signes de traces humaines, aucun bruit, à part un cliquetis d’eau.  L’enfant totalement absorbé par ses pensées n’écoutait plus son père, il fixait bouche bée l’océan imaginant que pouvait-elle être sa fin.  Qu’y a t’il au delà des océans ? Une terre où vivent des gens comme moi ou bien un énorme précipice, ou encore peut-être que l’océan n’a aucune fin et qu’elle se prolonge à l’infini jusqu’à atteindre le ciel où là les deux éléments bleus se confondent pour ne former qu’un espace où l’air et l’eau forme une substance pure dont se nourrisse les âmes ? Le père remarque alors des scintillements dans les yeux de son enfant,un sourire étrange courbait ses lèvres et ses mains frémissantes divulguaient un esprit occupé à de profondes rêveries.  

-Mon enfant à quoi penses-tu pour que se dessine sur ton visage un air que je n’ai jamais vu auparavant sur une figure de ton âge ?

-Père, répondit t-il, je ressens un fond de moi quelque chose de curieux, j’ai peur et en même temps je suis excité de bonheur.

-Ha bon, et quel est le sujet de tes pensées qui te fait virvolter entre ces deux sentiments ?  


Gêné, l’enfant rougit, il joignit ses mains et après une longue inspiration dit : je me demande père ce qu’il y a après cet étendue d’eau si immense, qu'elle me fait ballotter la tête lorsque j’ose trop longtemps m’attarder sur son horizon. Le père regarda tendrement son enfant, au fond de lui même il remerciait l’existence de lui avoir donné un enfant intelligent et observateur du monde qui l’entoure.  

-Mon fils, sache que nous venons de cet horizon.  Il est le lieu de naissance de nos lointains ancêtres, ceux qui narrèrent nos lois et construisirent les bases de notre société. 

-Et comment ont-ils fait pour atteindre notre village s’ils sont nés de part les horizons ?


Lundi 27 novembre 2006

Ce château et ces couloirs sombres, cette odeur de bois et d’humidité, je ne pourrais m’en délivrer. Ces recoins où règne la pénombre, je les observe inquiète, ils sont d’une âcreté peu dissimulée. Je promène mon regard sur les murs de pierres, entrecoupés de peintures et d’enluminures. Des artistes de grands talents y ont dessiné leurs souvenirs, leurs aventures épiques et leurs combats furieux. De nobles guerriers sur leurs destriers, le regard fixant une plaine dominée par un ciel orageux. Une atmosphère de courage et de vaillance, un œil bleu azur d’une limpide clarté. J’observe tous ces hommes et ces femmes, qui par la lance et l’épée ont conquis un territoire vaste et merveilleux. Je les envie ces combattants, ils sont forts et ne craignent rien. Et pour qui ont-il menacé leurs précieuses vies ? Pour un Grand homme que je m’apprête à rejoindre, leur maître pour qui il n’existe aucuns interdits.


Silencieux, taciturne et posé, son regard perçant comme l’aigle parcoure ses terres. Je l’épie, malgré que ce droit je ne le possède pas. Il fixe l’extérieur au travers de l’unique fenêtre de la pièce exiguëe. C’est un solitaire, un génie des armes, un homme d’un caractère dévolu. Sur ses larges épaules, le vent fort secoue son épaisse chevelure d’un blond cendré. Il joue dans ses mèches rebelles, domine cet être prestigieux, ce héros d’une grandiose épopée. Il a su dirigé ses troupes à travers les labyrinthes des montagnes, des immenses forêts et des plaines infinies. Il est celui qu’on écoute, que l’on suit et à qui on obéit sans jamais critiquer. Dans l’une de ses mains, il manipule un couteau à plusieurs lames, il le fait tournoyer sans jamais se couper. Comme le destin de ses guerriers, il le contrôle, le dirige, le commande. De l’autre, il tient un verre vide qu’il remplit au gré de ses pensées. Je l’admire, il est notre roi. C’est en lui que repose ma foi. Je lui dédie mon âme, lui offre mon avenir, car comme pour tous les autres habitants de son royaume, je n’existe que grâce à son aumône.
 
-Seigneur, je vous apporte votre repas.
 

Je suis peut-être qu’une simple servante, mais je sais reconnaître les grands personnages.

 

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