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Mardi 28 novembre 2006
Bonjour !

Je vous mets enfin la suite de Freyra en ligne. C'est long comme article, mais pour l'histoire je ne pouvais couper avant. Donc, prenez tout votre temps pour le lire. Ne vous pressez pas. Si vous avez des questions sur le récit, je vous invite à les poser ou s'il y a un truc qui vous semble peu convaincant n'hésitez pas à me le dire également. L'autre jour Roanne me demandait pourquoi l'elfe ne vivait pas chez le mage. Je vais répondre ici au cas où certains d'entre vous auraient le même questionnement. C'est tout simplement parce que Yeaouil demande beaucoup de soins, puisqu'elle ne marche pas encore et comme le mage/médecin est quelqu'un d'occuper, il ne peut combler ses besoins particuliers. Mais vous allez constater avec cet extrait, que d'une autre manière, il est très présent. Bonne journée !

PS. Pour ceux qui ne suivent pas le récit de Freyra, j'ai mis plus bas ma première création avec le logiciel Gimp.
PSS. J'espère ne pas avoir fait trop de fautes.

***

Comme la nuit tombait, le couple de Yeil s’apprêtait à se coucher. À l’aube, Yul était parti chasser le lièvre et le sanglier dans la forêt. Ce n’est que tard dans la soirée, qu’il avait enfin réussi à capturer deux lièvres dans ses collets. Très épuisé, il n’avait qu’un seul désir : dormir. Quant à Yily, elle semblait autant fatiguée que son mari, mais pas pour les mêmes raisons. Emmitouflé dans une couverture de laine sur le lit de paille, les yeux à demi fermés, Yul fuyait le regard intense de Yily qui quémandait de l’attention. En fait, elle avait besoin de discuter après une journée éprouvante passée en compagnie de Yeaouil.

-Yul ? Fit elle d’un ton plaintif.

Ce dernier lui répondit d’un ton exaspéré et fatigué. Il connaissait bien son épouse et savait que s’il l’a laissait parler, il en avait bien pour une heure à l’écouter gémir. Yily ne fit pas attention au ton de sa voix et commença à se plaindre sur les comportements de l’elfe.

-Je n’en peux plus !

-Ha non ! Tu ne vas pas recommencer avec ça. Yul était furieux.

-Elle est détestable. Elle teste mes nerfs, j’en suis certaine.

-Je n’arrête pas de te répéter que tu dois lui trouver quelque chose à s’occuper. Elle est pleine d’énergie et ça fait presque deux semaines qu’elle est alitée.

-Je lui ai donné une aiguille, des fils et un tissu pour qu’elle apprenne à coudre. Mais ses mains sont pleines de pouces.

-Peut-être que ce n’est pas approprié pour débuter. Prête lui un jeu de dés ou de cartes. Apprends lui à jouer, puis ensuite tu lui montreras comment travailler.

-Je ne suis plus une mère ! Et ça m’enrage de devoir toujours la servir. Yily donne moi ça ! Yily j’ai mal ! Yily j’ai faim ! Elle me casse les oreilles toute la journée avec ses caprices ! Et en plus, elle a commencé à chanter ! Tu peux bien rire. Ce n’est pas drôle ! Elle chante mal avec un ton aigue qui me fait siller les oreilles.

-Chérie ! Une semaine ! Il reste seulement une semaine avant que le mage lui apprenne à marcher. Essaie d’être patiente.

Sur ces derniers mots, Yul s’endormit. Aussitôt, il se mit à ronfler. Yily se coucha à ses côtés dans la paille et malgré elle, peu de temps après, elle faisait de même. 

Le lendemain matin lorsque Yily entra dans la cuisine, elle vit Yaeouil assis dans sa couche.

-Déjà réveillée ! Tu es matinale.

-Mon pot est plein Yily. J’ai été malade cette nuit.

Yily fit une grimace de dégoût, elle se pencha pour ramasser le pot de chambre de Yaeouil caché en dessous du lit et se précipita à l’extérieur jeter le contenu et surtout savonner le contenant. Avant qu’elle sorte de la maison, Yaeouil eue juste le temps d’entendre Yily grogner.

-Si au moins, elle pouvait chier dehors !  

Dans l’après-midi, Yily s’évertua à enseigner à Yaeouil un jeu de carte. Contre toute attente, elle remarqua que Yaeouil était bien plus douée aux jeux qu’à la couture. La semaine passa donc tranquillement, pour les deux femmes du logis. Apprenant à se connaître tout en se lançant des affronts à l’occasion, elles ne s’appréciaient pas mais se toléraient. 

Puis vint la journée de la visite du médecin. Ce dernier arriva bien plus tôt que la dernière fois. Lorsqu’on lui ouvrit la porte, il glissa une boîte très lourde à l’intérieur de la maisonnette et tendit un sac rembourré à Yily, puis il entra. Il se dirigea aussitôt vers Yaeouil qu’il embrassa sur le front.

-Comment s’est déroulée ta semaine ?

-Pas trop terrible répondit Yeaouil sachant très bien que cette réponse irriterait sa marâtre de Yily.

Le Mage se tourna alors vers la Yeil qui se tenait à l’écart et comprit à son regard que la phrase de l’elfe avait fait son effet. Il empoigna doucement la jambe de Yaeouil et observa son mollet pendant quelques instants.

-Mais c’est très bien. La blessure autour de la prothèse est presque entièrement guérie. Vous avez fait du beau travail Yily, dit-il en se tournant vers la femelle renfrognée.

-Tu vas pouvoir enfin te lever Yaeouil et marcher en plus. Mais avant je vais te montrer les cadeaux que je t’ai apportés.

Yaeouil cria de joie. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas été gâtée. Enfin, elle le croyait.

-Merci je suis tellement contente. Je pensais bien être obligée de porter toute ma vie ces affreux haillons de lins qui me piquent la peau.

À la remarque de Yaeouil, Yily qui était assis à la table, grogna de plus belle et plus fortement. L’elfe riait dans son for intérieur. Elle vida le sac à l’envers que lui tendait le médecin sur sa couche. Son contenu l’a rendit tellement joyeuse, qu’elle riait et criait à la fois. Ses joues devinrent rouges de bonheur et ses yeux étincelaient. Le sac de suède contenait trois robes, une rose, une blanche et une beige, confectionnées dans un tissu très doux. Toutes les trois très simples étaient néanmoins ornées de quelques dentelles, alors que le devant était serré par des rubans. Le sac contenait aussi des bas de soie, des culottes, un bustier et des rubans pour attacher ses longs cheveux, le tout dans les mêmes tons de couleur que les robes. Parmi tous ces vêtements, une cape en velours rouge bourgogne avec un capuchon attira encore plus son attention. Celle-ci était splendide et soyeuse, elle avait sûrement coûté très cher. Sur sa chaise, Yily bougonnait et remuait, elle n’était pas insensible à la somptuosité des cadeaux apportés par le Mage. Elle ressentait de la jalousie pour les nouveaux effets de l’elfe et celle-ci le savait bien, car Yeaouil lui lançait des regards d’envie. Puis le médecin sortit une boîte recouverte de velours bleu de sa poche et la tendit à l’elfe.

-C’est pour moi ? S’enquit naïvement Yeaouil.

-Mais voyons ! Pourquoi la gâtez-vous ainsi ? Vous exagérez ! Beugla Yily du fond de la pièce.

Le Médecin regarda la Yeil du coin de l’œil. Cette dernière se calma aussitôt. Sa jalousie était si forte qu’elle lui faisait perdre les bonnes manières. Elle devait se ressaisir, elle s'adressait quand même au Mage.

-Mais bien sûr que c’est pour toi. Ouvre-le ! Dit-il gentiment à Yeaouil.

Depuis sa dernière visite le médecin avait l’air plus aimant avec l’elfe. Ses gestes étaient plus attentionnés et ses mots exprimés avec davantage de douceur et de compassion. L’elfe fébrile ouvrit donc la boîte qu’il lui tendait. Elle contenait une petite chaîne d’argent au quelle était attachée un pendentif à la forme allongée.

-Il est magnifique. Elle sauta au coup du Mage qui en perdit son chapeau, pour dévoiler son crâne chauve et lisse.

 

Le mage replaça le plus vite qu’il put son couvre-chef, mais l’elfe avait déjà aperçu sa tête. Elle ricanait comme un enfant. Après s’être calmée, elle demanda au médecin ce que le pendentif représentait. Il lui avoua qu’il signifiait rien en particulier. Il lui mit autour du cou et rapprocha la grosse boîte de la couche de Yaeouil. Celle-ci le supplia comme une gamine de lui laisser l’ouvrir. Le Mage n’eut pas le temps de répondre qu’elle se ruait sur la boîte. À l’intérieur, il y avait une ceinture de cuir brunâtre auquel étaient accroché une sacoche et un fourreau fabriquée dans le même cuir. La sacoche ne contenait rien, mais dans le fourreau on y avait placé une magnifique dague. Sa lame mince et tranchante avait été forgée dans un alliage de très bonne qualité. La poignée en bois noire était incrustée de fins filaments du même alliage que la lame et de quelques pierres blanchâtres. Yaeouil découvrit aussi dans la boîte des dizaines de bouquins aux couleurs flamboyantes et brillantes.Yily s'étirait le cou pour voir les objets. Ses yeux roulaient de stupeur.

-Mais ils sont magnifiques ses livres, ils viennent de la ville ? Où vous les avez achetés ? Demande t-elle curieuse.

-Au marché de Bress, ma chère Yily.  

Yaeouil feuilletait les livres, elle était éblouie par les images colorées qui représentaient des animaux, des végétaux et des objets. Chaque fois qu’elle pesait sur une image, une voix prononçait lentement le mot associé à l’image dans la langue universelle.

-C’est magique cria t-elle !

Le médecin rit de la remarque.

-Non mon enfant, il n’a pas de magie là dessous.

Puis il se tourna vers Yily.

-Se sont des livres pour enfants. Lorsqu’elle aura appris tout ce qu’ils contiennent je vous en apporterais d’autres. Laissons là quelques instants. Vous venez dehors Yily ? J’ai des choses à vous dire.


Samedi 11 novembre 2006

Pendant leur discussion, le mage avait aperçu Tför se faufiler entre les arbres minces et moussus de la forêt. Son court corps corpulent et sa démarche lourdaude avaient éveillé les sens développés du grand Mage. Mais ce dernier avait préféré ne rien révélé au Yeil, car la présence de ce lutin n’était certes pas un hasard.
 
Le Mage marchait dans le sentier de la forêt, il ne demeurait pas très loin du couple de Yeil dans une grande maison encombrée de livres et d’objets hétéroclites. Dans le silence, il fumait calmement sa pipe, alors qu’il balayait de ses yeux perçants les ombres mouvantes des bois. Il cherchait Tför. Il l’aperçut enfin.
 
-Hé ! Tför ! Je t’ai vu. Tu n’es pas le plus malin. Allez montre toi ! Cria t-il en direction d’un tas de rochers.
 
Dissimulé derrière une pierre recouverte de lichens séchés, Tför hésitait à se montrer au Mage. Très court, mais bien gras, Tför était un lutin solitaire et très charitable, qui parcourait la forêt à la recherche de personnes qui auraient besoin d’aide. Il aimait croire que son rôle était celui de protéger les personnes en danger et vulnérable égarées au creux de la forêt maudite. Vagabond et exilé, il craignait cependant la présence des hommes, les aidant en cachette et demeurant toujours en retrait. Il préférait la présence des animaux et de certaines créatures avec qui il s’était lié d’amitié tout en fuyant toutes les races de lutins. Vêtu de haillons, d’une chemise rouge sale déchirée à plusieurs endroits et d’un pantalon vert crasseux, il n’était pas des plus chics. Ses membres frêles et tordus, sa peau rugueuse et brune et ses cheveux hirsutes lui donnaient un air bien malheureux.
 
-Allez raconte moi ! Que fais-tu donc ici ? Pourquoi rôdais-tu autour de la maison des Yeil ? Allez ! Hurla le mage. Que cherches-tu au juste Tför ?
 
Le lutin sortit de sa cachette, il regarda le grand Mage qui se tenait devant lui. Il le reconnaissait.
 
-Nous ne faisons pas partie de la même classe, finit-il enfin par exprimer.

-Ça je sais, répondit le Mage. Tu n’as pas quelque chose qui m’appartient ?

 
À cette question, le lutin recula et sa face changea. Il siffla entre ses dents si fort, que les oreilles du Mage continuèrent de siller quelques secondes après. Une étrange bête apparue alors, une sorte de loup avec une épaisse crinière blanche et des sabots. Tför embarqua sur son dos et s’apprêta à quitter le Mage qui le fixait d’un regard interrogateur.
 
-Ne t’en vas pas. Dis moi ce que tu fais ici, insista le Mage.

-Je la protège, répondit le lutin. Puis, il s’engouffra dans les profondeurs sombres de la forêt.

 
Le médecin maugréa quelques jurons et repartit en direction de sa maison en fumant silencieusement sa pipe. Il réfléchissait au travail qu’il devrait accomplir cette nuit et les suivantes. Les réponses se trouvaient sûrement dans les livres. Le Mage se mit en tête d’élucider les mystères qui entouraient Yeaouil quitte à désobéir aux ordres.  
 
Le lendemain matin, Yaeouil se réveilla tard, encore sous l’effet des drogues administrées la veille. Elle voyait trouble et même assis dans sa couche, elle sentait son corps tanguer. Elle s’affala dans la paille et ferma ses paupières. Comme elle somnolait, Yily la sécoua.
 
-Allez réveille toi ! Ce n’est plus le temps de dormir, dit la femelle d’un ton autoritaire.


-Mais que voulez-vous que je fasse, je n’ai rien à faire ici, répondit l’elfe d’une voix endormit.

-Et bien tu te trompes. Allez assis toi. Du courage !

Yily prit l’elfe par les épaules et l’a redressa de force.
 
-Tiens ton potage, dit t-elle en lui tendant un bol fumant.

-Une cuillère ?

-Oui, oui, elle vient. Tiens.

-Merci ! On ne mange rien d’autres que du potage ici ?

-Qu’aimerais-tu manger hein ? Du lapin gras ? De canard ? Une tarte aux fruits ?

-Oui ! Exactement !

 
Yily maugréa quelques mots et se dirigea vers l’âtre qui réchauffait la cuisine et permettait la cuisson des aliments. Elle s’afférait à brasser énergiquement le potage tout en grognant. Yeaouil pas du tout impressionnée par ses comportements eue envie de piquer au vif la femelle.
 
-Il fait froid ici ! Pourquoi m’enlevez-vous la couverture ?

-On ne veut pas que tu la salisses. Lorsque tu seras capable d’exécuter des tâches, tu pourras l’utiliser et la laver toi-même.

-Mais je ne vais pas la salir...

-Ne rouspète pas, c’est non. Et la température est parfaite dans la pièce.

-Avec votre toison c’est certain que vous ne gelez pas.

-Ça suffit Yaeouil ! J’en ai marre de tes remarques. Tu te prends pour qui ? Une reine... tu n’es guère qu’une pauvre fillette amnésique, sans or et sans talent. Tu ne vaux rien !

 
Yaeouil ne répondit pas, elle se contenta de tirer la langue dans le dos de la femelle. Elle regarda en dessous de son lit, il y avait le pot de chambre et le pot d’onguent. Elle le prit, l’ouvrit et commença à renifler la substance pâteuse et jaune citron qu’il contenait.
 
-Mais ça pue !
 
Yily se retourna d’un coup sec. Elle avait les dents serrées, les yeux brillants de colère, elle tenait dans sa main droite la louche qui lui servait à brasser son potage comme d'une épée.
 
-Ne touche pas à ça, c’est le médicament que nous a donné le médecin. Arrête de fouiller partout. Donne le moi ! Ordonna la Yeil de manière hystérique.

-À quoi sert-il ?

-Le médecin m’a demandé de masser ton mollet avec cette crème.

 
Yily était sur le bord de craquer. Sa patience était mise à rude épreuve avec Yaeouil qui se comportait selon elle comme un enfant gâté. Yily y arracha le pot des mains et repartit vers la cuisinière s’occuper du potage du soir qui commençait déjà à coller. Après quelques minutes, Yaeouil demanda avec un sourire ironique sur les lèvres.
 
-Quand est-ce que vous allez me masser ?

Mercredi 8 novembre 2006


-Mais en attendant grand Mage, comment devons-nous agir et si sans s’en rendre compte, elle nous attaque avec l’un de ses pouvoirs inconnus.  

-Mais cessez donc de vous imaginer de tels scénarios. L’important, et ça vous devez bien le comprendre, c’est de la garder en vie et en excellente santé. Au moment venu, elle doit avoir toutes les forces nécessaires et les capacités intellectuelles pour nous quitter.

-Mais combien de temps cela va t-il pendre, demande Yily d’une voix exaspérée.

À ce moment, le mage fouilla dans sa poche et en sortit une petite boîte qui contenait quelques pétales de fleurs jaunes à l’apparence caoutchouteuse. Il en prit une qu’il porta à sa bouche et commença à mastiquer. Avant de poursuivre à nouveau son interrogatoire, Yily attendit quelques secondes qu’il réponde, ce qu’il ne fit pas. Le mage fixait les profondeurs sombres de la forêt en silence, les yeux hagards et l’esprit absent.

-Je ne veux pas que ma curiosité vous ennuie grand mage, mais j’aurais d’autres questions à vous poser. Je dois savoir !

Le mage soupira, mais l’encouragea quand même à poursuivre par un signe de tête.

-Mon mari et moi avons discuté et nous, nous demandions si vous êtes au courant de l’endroit où ils veulent l’envoyer et pourquoi ils l’ont choisi elle plutôt qu’une autre ?

Le Mage ne quittait toujours pas du regard les profondeurs obscures de la forêt. Il semblait suivre patiemment des yeux les traces d’une proie, comme le font les prédateurs. Après un long moment de silence et d’hésitation, il répondit.

-Beaucoup de mystères l’entourent, je ne peux pas tous les élucider. Mais je dois vous avouer que je n’ai aucune idée du destin qu’ils lui ont réservé et je suis aussi surpris que vous quant à leur choix. Elle est si... jeune, si immature. Perturbée en plus, rajouta t-il en soupirant.

-En tout cas, je dois vous dire que nous ne comprenons pas pourquoi cette épreuve s’est abattue sur nous. En plus, elle... comme je vous le disais, elle a un je ne sais quoi qui me terrorise.

Le mage soupira encore une fois et regarda Yily qui scrutait le sol, elle tentait de ramasser un mince bâton entre ses deux gros orteils poilus. Il fit semblant de ne pas avoir entendu la dernière phrase et continua sur un autre ton.

-Ce qui m’intrigue quant à moi c’est la peau ridée de son visage. Les elfes sont supposés avoir une durée de vie presque illimitée. En plus, les comportements de Yaeouil me laissent croire qu’elle est bien plus jeune qu’elle en a l’air. C’est comme si on avait aspiré sa jeunesse.

-Vous avez donc une idée sur ce qui lui est arrivée ? Dit Yily en se redressant d’un coup.

-Disons que j’ai des doutes... Mais avant de vous dire quoi que ce soit, je préfère être certain des faits.

-Je comprends, dit Yily en s’inclinant. Puis le médecin se tourna à droite vers Yul qui était resté silencieux occupé à fumer calmement une sorte de calumet.

-Et puis vous mon cher ami ! Avez-vous changé d’idée concernant le traducteur ? Vous n’êtes pas tentés de comprendre le langage de votre invitée ?

-Non merci. Je n’ai toujours pas changé d’idée grand Mage et comme je vous le disais l’autre jour, je ne suis pas chaud à l’idée que l’on m’introduise une machine dans le corps.

-Ce n’est pas une machine Yul ! Que vous ai-je déjà dit ? C’est seulement une minuscule puce électronique. En plus, je pourrais vous la transformer en bague. Donc, lorsque vous voulez comprendre le langage elfique, vous la mettez à votre doigt, sinon vous l’enlevez, c’est tout. Vous ne trouvez pas ça simple ? 

-Non, vraiment... je vous remercie de votre attention. Mais nous les Yeil préférons vivre en retrait de la technologie.

-C’est ça la véritable raison ! Sacré Yul ! Vos principes sont d’une force étonnante. Bon, c’est comme vous voulez. Puis il se tourna vers Yily qui jouait nerveusement avec ses doigts. Pendant que j’y pense, il faut que vous lui enseigniez la langue universelle. Pus tard, il sera important pour elle de communiquer normalement avec tout le monde.

Yily acquiesça tout en s’inclinant comme chaque fois qu’elle s’adressait au mage. Puis il lui dit qu’il apporterait la semaine suivante des livres d’enseignements et des vêtements pour l’elfe. Yily le remercia chaudement de ses attentions.

Une fois le médecin partit, les Yeil entrèrent dans leur maison. Yaeouil dormait toujours d’un sommeil profond et sans rêve.  
 

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