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Je tiens déjà à m'excuser pour la longueur de ce texte, mais pour me faire pardonner, ce dernier restera sur mon blog durant tout le week-end. Donc ne vous pressez pas et lisez le lorsque vous aurez le temps. Il est long, car je n'ai pas voulu le couper en deux. Il faut bien que ça avance cette histoire... Il y a quelques jours, j'ai écris tout le discours de la sorcière avec Jacob. Ça m'a prit trois heures écrire six pages. J'étais comme en trance... ;-). Merci à tous de poursuivre avec moi cette aventure, pour ceux qui ne l'ont pas lu, n'hésitez pas quand même à me laisser des coms de bonjour. :)
Maja.
Sa fureur passée, Jacob exténué finit par clore ses paupières. Il s’endormit encore une fois sur l’herbe généreuse, couleur émeraude et douce comme du velours le corps orienté en direction de la mare. À son réveil, comme à l’accoutumer Jacob alluma un feu pour bouillir l’eau et les herbes nécessaires à la préparation de son infusion. Depuis qu’il marchait dans la forêt, Jacob avait remarqué que le matin les créatures de la forêt étaient plus discrètes. Elles semblent dormir, comme si la nuit leur avait été trop agitée. Ainsi, pour le vieil homme le matin était le moment le plus apaisant de sa mission, il en profitait pour siroter son infusion, se reposer et observer les beautés de la nature enchantée. Mais ce matin, il était moins serein qu’à l’habitude. En effet, il devait à tout prix découvrir un moyen d’extraire son ami de ce milieu aquatique étrange. Comme il terminait de boire sa tisane, il entendit le clapotis caractéristique produit par le ver signifiant qu’il souhaitait qu’on l’extraie de l’eau. Jacob se sentit idiot :
-J’aurais dû penser que tu sauterais. J’ai les nerfs à fleur de peau moi ! Je te croyais enfermer à jamais dans cette mare. Saute et je vais t'attraper !
Tel que demandé par son maître, le ver sauta jusqu’à ce que Jacob réussisse à l'empoigner. Une fois dans sa main, Jacob se mit à l’observer. Surpris, il remarqua avoir récolté des gouttes d’eau de la mare en saisissant le ver. Dans sa paume, elles s’étaient rapidement transformées en cristaux. Au lieu de les remettre dans leur élément naturel, Jacob les déposa dans un petit sac de cuir qu’il rangea dans sa besace. Tout ce qui est magique peut servir pensa t-il. Il se remit en marche tout en étudiant sa carte qui lui indiqua qu’il était supposé atteindre la maison de la vieille magicienne dans deux jours. À mesure qu’il s’approchait de la maisonnée de la sorcière, les créatures intensifiaient leurs tours tentant de dissuader et de déconcentrer Jacob de sa mission. Même la nature devint impitoyable avec lui, les branches des arbres enchantés agrippaient ses vêtements à son passage, des oiseaux bruyants tentaient de lui ôter son petit chapeau, des pierres roulaient sous ses pieds, alors que les tiges des fleurs s’enroulaient autour de ses jambes.
Il marchait déjà depuis trois longs jours, qu’une effroyable odeur lui vint tout à coup au nez. La maisonnée de l’enchanteresse était tout près, l’odeur s’avérait être celle de la harpie que l’on discerne de très loin tant elle est forte. Jacob eut soudain extrêmement peur. Qu’allait-il lui arriver à présent ? La nuit était déjà tombée, mais Jacob poursuivit quand même son chemin. Puis entre les arbres il aperçut des lumières... Il avait enfin atteint son but. La maisonnée de la vieille se dressait devant lui, d’épaisses volutes de fumée s’échappaient de la cheminée que l’on distinguait grâce aux rayonnements des lunes. Dans les ténèbres, Jacob discerna aussi des ombres qui tournoyaient, de même que des bêtes de vent, qui volaient dans tous les sens autour de la chaumière maudite. Et le silence inconfortable... Essoufflé, mais sans avoir couru, le vieillard écoutait sa respiration haletante et son cœur battre follement, il interpella son ami :
-Petit ver ! Nous sommes enfin arrivés !
Des bruits métalliques et électriques suivirent son annonce, ses poils se dressèrent puis l’être intemporel le quitta. Il alla rejoindre les âmes maléfiques qui tournoyaient autour de la maison de la Vieille. Ses âmes se transformaient en bête aux longues dents, aux corps cornus et aux yeux de sang. Et parmi tout ces âmes déchues vrillaient l’être intemporel, qui les inondait de sa beauté et à son contact les âmes s’envolaient dans le crépuscule de la forêt. Puis il revint auprès de son maître.
-Tu les as libérées ?
L’être intemporel répondit, mais Jacob ne comprit rien. Le vieil homme grimpa alors dans un arbre, il ne fit pas de feu, ne mangea pas, il attendit tout simplement que l’étoile majeure se lève pour rendre enfin visite à la sorcière. Du haut de son perchoir, il regardait par la fenêtre de la maison macabre, dont l’intérieur semblait éclairée par des chandelles mourantes. Au travers des minces rideaux déchirés, il cru apercevoir une ombre remuée parmi le flou causé par les flammes chancelantes. Toute la nuit, il observa ce qu’il crut être l’enchanteresse. Toutefois, alors que l’étoile majeure était sur le point de se lever, il vu une femme au dos effroyablement courbé se dirigée vers la chaumière. Celle-ci avant de s’y engouffrer regarda en direction de Jacob qui entrevit ses yeux noirs brillants qui semblèrent le toiser d’une manière des plus curieuses. Comme si la vieille lui murmurait à l’oreille :
-Jacob ! Je sais que tu es là ! Je t’attends ! Approche pauvre paysan !
Une heure après qu’elle se soit introduite dans son antre, Jacob descendit de sa cachette. Tout en retenant son souffle, il se dirigea vers la maison. Pendant quelques minutes il se tint immobile sur le porche, observant la porte qui était restée entrebâillée. Il semblait bien qu’il avait compris son message.

Étendu sur l’une des plus hautes branches du saule bleu, Jacob se laissa bercer par la douce brise éternelle tout en admirant l’agitation des rameaux pendants tissés de minuscules perles cristallines scintillantes. Le vieillard s’endormit en gardant en mémoire ce splendide spectacle de la nature enchantée. Les lieux de bonne magie ont aussi la particularité d’être entourés d’herbes lumineuses de couleur émeraude. Ainsi, Jacob fut étonné du contraste que l’herbe étincelante provoquait sur le sol sombre du bois. Comme une frontière, cette verdure indiquait au voyageur que le lieu qu’elle encerclait représentait un relais où il était possible de s’y reposer à l’abri des maléfices du peuple de la forêt. Incapable de la fouler, les créatures se contentaient de tourner autour, comme des charognards rôdent hargneusement autour d’une proie.
Selon sa carte, le deuxième endroit qu’il devait atteindre était un monticule de rochers-miroirs coupant comme des rasoirs. Jacob l’atteignit le septième jour de sa quête. Il les aperçut rapidement dans la forêt, car la surface du roc étincelait de jour comme de nuit. Le vieil homme s’assoupit près des rochers dans l’herbe émeraude, douce comme du velours. Pour la première fois de son parcours, il dormit sur le sol. À son réveil, il consulta sa carte, il ne lui restait plus qu’un seul endroit à atteindre avant d’arriver à l’antre de la Vieille. Ce lieu était celui de la mare noire, dans laquelle il est impossible de se mirer et dont le fond est imperceptible, tant l’eau y est sombre. De plus, on prétend qu’on ne peut rien y plonger, même les fées ne peuvent pas s’y abreuver. Sa surface est lisse, solide et noire, et pourtant la mare maléfique contient de l’eau. Néanmoins, c’est un lieu de bonne magie, entouré également du signe qui l’indique, c’est-à-dire l’herbe émeraude. Jacob arriva à la mare le treizième jour de sa quête. Cependant, il constata en étudiant sa carte, qu’il avait prit du retard dans son expédition. On l’avait sûrement détourné de son chemin sans qu’il en prenne conscience. La quête de Jacob s’avérait plus longue que prévue, mais sa curiosité le motivait et l’encourageait à poursuivre son chemin et à ne pas abandonner.
La mare noire, contrairement aux deux autres lieux de magie ne scintillait pas, elle était plutôt mate et sombre. L’herbe jurait et semblait encerclé davantage une mare diabolique, que bienveillante. Aucunes rides ne brisaient la surface de l’eau, même les forts coups de vent ne parvenaient pas à la plisser. Jacob osa s’y regarder, mais n’aperçut point son reflet. Il posa son doigt sur la surface et rencontra, comme on le prétend, une matière solide, froide et douce. Comme il s’apprêtait à manger sa ration de viande et de pain du soir, il distingua l’être intemporel se positionner au-dessus de la mare noire. Cela ne présageait rien de bon, car il se transforma aussitôt en ver et il se laissa tomber dans la mare, qui cette fois-ci ce comporta comme toute étendue liquide. Jacob n’eut pas le temps de crier, qu’il entendit plouc, l’être intemporel était maintenant prisonnier de la mare. Le vieil homme naïvement se rua à la mare et commença en à marteler sa surface, puis il se mit debout dessus et sauta de toutes ses forces. Il offrait un bien étrange spectacle aux créatures cachées dans les buissons. Elles ne tardèrent pas à ricaner de la maladresse du vieillard et de sa puérilité.
-Taisez-vous ! Soyez maudites créatures de malheur ! Hurla Jacob dans l’air froide et aiguë de la nuit naissante.
 
Bonjour à tous, cette fin de semaine (du vendredi à dimanche) je participe à un Congrès de fantasy/fantastique/sci-fi qui se tient à Montréal. Je serais donc absente durant tout le week-end. Je vais essayer de vous rendre visite demain et un peu ce soir. Je vous donne des bisous et je tenterais de vous faire un compte rendu en début de semaine. :) Je n'ai pas corrigé cet extrait, ne vous attardez donc pas sur les fautes.
Maja
Puis Jacob fut confronté à la nuit. Ainsi, comme tout les voyageurs loin de leur maison, chaque soir il s’allumait un feu et avalait son pain, croquait sa viande séchée et buvait son infusion. Dans cette forêt, il s’avérait impossible de chasser, sauf pour les chasseurs expérimentés qui distinguaient assez bien les créatures comestibles versus les empoisonnés et les maléfiques. Ainsi, malgré le fait que Jacob transportait avec son lui son arc et un carquois remplis de fléchettes, il s’était juré d’utiliser son arme qu’en cas d’attaques. Évidemment, l’être intemporel surveillait Jacob étant donné qu’il s’était aperçu que ce dernier ne réussirait jamais à ce protéger lui-même de tous ce qui grouillait dans les bois. Il faut dire que la nuit, toutes les créatures endormies se réveillaient, tandis que celles qui préféraient demeurer dans les grottes et dans le sol sortaient de leur refuge une fois l’étoile majeure couchée. Et Jacob était leur centre d’attention.
Et puis, il y a les Yeux... Ces êtres mystiques qui, une fois qu’ils ont capté notre regard, emportent avec eux dans un tourbillon de délire notre âme docilement attachée à notre corps. Jacob pour se prémunir de leur emprise, ne quittait en aucun cas son feu des yeux, gardant constamment son regard penché vers le sol et surtout il ne s’attardait pas ni aux bruits de la forêt qui s’intensifiaient avec la noirceur ni aux pas qui courraient dans la pénombre de son feu. Le vieillard gardait sa concentration le jour et la nuit il devenait de pierre ne réagissant à aucun des agacements que lui faisait subir les petites créatures et même lorsqu’un lutin lui vola un morceau de viande, il ne releva même pas la tête. On lui tendait des pièges, les créatures qui peuplent la forêt souhaitaient satisfaire les Yeux...
Une fois rassasié, Jacob qui avait sélectionné au préalable une haute et grosse branche dans un arbre montait dans celui-ci pour y dormir en espérant ne pas avoir choisi un arbre enchanté ou bien magique. Il attachait le cordon de sa besace autour de son corps et il s’installait dessus. Puis enroulé dans de minces couvertures, qui ne réduisaient pas la dureté de l’écorce sinueuse de l’arbre centenaire, le vieil homme s’endormait. Parfois, il croyait ressentir l’écorce bouger, comme si l’arbre respirait ou tentait de faire chuter la vieille feuille desséchée qu’il était. Ainsi, chaque matin, le vieillard se réveillait avec d’atroces courbatures le faisant grimacer de douleur. Il préparait un second, feu, buvait son infusion, il calculait son itinéraire à partir de la carte qu’on lui avait tracé avant son départ et il reprenait son chemin.
Dans la forêt, les boussoles s’avèrent inutiles, car l’emploi de magie permet aisément de modifier la flèche qui pointe en direction du nord. Ainsi, Jacob se fiait sur sa carte pour le mener à l’antre de la sorcière, dont trois endroits avaient spécifiquement été ciblés comme lieu de repérage. Ces lieux, comme des îles parmi l’eau tumultueuse de l’océan, se présentaient comme des endroits de bonne magie où Jacob pouvait se reposer sans trop être perturbé par les créatures maléfiques. On prétendait que ces îles abritaient des fées et autres bonnes créatures. Sauf que, il est peut-être étrange de constater cela, mais les bonnes créatures sont, contrairement à leurs homologues plus mesquines et taquines, très discrètes et timides. Ainsi, toute les fois qu’il s’arrêta dans ces endroits, il ne vit aucune fée. Le premier endroit qu’il devait atteindre, était le saule bleu dont le vent souffle continuellement les branches, il l’atteignit le troisième jour de sa quête.
 
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