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C'est dans un passage étroit que je me suis engouffrée.
Oh malheur ! Comment faire pour m'en sortir !
Ce tunnel sombre, où rodent créatures et monstres
Même avec mon armure, je ne pourrai jamais les combattre.
Que faire ?
Appeler à l'aide, crier haut et fort que l'on vienne me délivrer,
Ou bien me laisser mourir, jusqu'à ce que mort s'en suive,
Ou encore lutter désespérément, forcer mon courage !
Personne ne m'écoute !
Tous préfèrent s'entendre eux-mêmes...
Moi je suis emmurée, au prise avec pour seule défense,
Ma magie noire, mes mains sales et mon coeur mélancolique.
Et soudain, une éclair, une percée de lumière !
On ouvre une porte...
Et j'entends les clés, on a enfin trouvé la mienne.
Je sors, dehors, mais je suis ailleurs.
Loin de chez moi,
Dans un monde de rêves et de somptuosités.
Vêtue d'une robe victorienne,
Je parle à de frivoles images, des êtres aux âmes pures.
Des rires, des vibrations de joie, je suis bien.
Mais qui es-tu ?
Devant moi un chevalier, monté sur un cheval blafard.
Le vent s'amuse dans sa cape bourgogne,
Alors que la brise se faufile dans ses mèches dorées
Que tu es beau !
Viens ! Suis moi !
Et où ça ?
Tu vois là-bas sur la dune ? Une Tour d'Ivoire !
De là, j'ai délaissé l'obscur...

C'est en toi que je vis maintenant
Accompagnée de mon prince charmant
Mais, malgré les fleurs laiteuses et les arbres argentés
Le soleil flambloyant et les oiseaux chantant
Je n'ai vu qu'en ces murs, une autre prison
Un autre lieu, où l'on m'enferme
Ses murs opales et solides, doux au toucher
Je fais semblant ne pas savoir
Je fais semblant de l'aimer, lui.
Ce chevalier, soi disant humble et courageux,
Refusant de me laisser partir,
Me maintient dans le mutisme.
Je suis la princesse enchaînée de la Tour d'Ivoire
Nulle ne me voit et m'entend
Je suis seule dans cet univers de blancheur
Où le sang crée de magnifiques ornements
Où même les fleurs affreusement blanches
M'inspirent aversion et haine
Je veux quitter cet endroit !
Mais comment faire ?
Délivrez moi mes dieux, ramenez moi d'où je viens !
Désignez moi le chemin qui mène à la douce noirceur
Ce pays trop étincellant, brûle mes yeux.
Mon coeur est trop libre, pour vivre ici.


Avant

Une fois hors de la Tour d'Ivoire,
Dans ce jardin de fausses beautés blanches.
Je m'ennivre de l'odeur évacuée par les pistils,
Mais, je cherche une moyen de m'évader.
Me laissant balloter par le vent.
Je m'imagine à sa place magique.
Autant que lui, j'aimerais être partout.
Et non ! Je suis emmurée !
Dans cet univers d'ignoble pureté,
Aidez moi mes dieux !
Je vous implore une seconde fois de m'appuyer.
Tracez moi la route...
De la noirceur, de la douce obscurité,
J'exige la liberté !
Ha non pas lui ! Il s'approche.
Son teint blême, comme ma prison.
Ce geôlier, m'observe d'un air sans pitié,
Sortez moi d'ici, j'abjure cette Tour maudite !
Que je revoie enfin mon noir pays.
Dans un rêve, une nuit.
On m'offrit le suave privilège
De reconnaître le sentier qui me conduira,
À l'intérieur des frontières de mon royaume d'ébène.
Des roses sanglantes me lancent le message,
M'invectivent de fuir et de tout abandonner.
Je me réveille, ce faux chevalier près de moi.
Mais, je disparais dans la solonnelle obscurité de la nuit.
Des hiboux me guident, m'indiquent le chemin...
Sentinelles de mes songes, soyez la bienvenue.
Je vous accompagne mes alliés.
Ne m'abandonnez pas !
Vous fées blanches, ne divulguez pas à autrui mon secret...
Car, je quitte enfin la ténébreuse Tour d'Ivoire !

Avant








