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Le lendemain matin, Jacob profita de l’absence de sa femme partit au verger pour se diriger vers le tonneau de pluie situé dans le jardin. Sans attendre un instant, il plongea sa main dans l’eau croupie en quête du ver. Aussitôt, l’être affectueux se blottit dans la paume du vieil homme qui en profita pour l’agripper et l’enfourcher dans sa poche. Connaissant l’horaire d’Inwé, Jacob courut donc s’asseoir à la table de la cuisine feignant boire un verre d’eau. Dans tous les cas, il refusait qu’inwé apprenne qu’il cachait encore le ver, cet être qu'il qualifiait lui-même de magique. Il fallait donc qu'il s'en débarrasse au plus vite, afin de mettre un terme aux ennuis occasionnés par cette diabolique découverte. Comme il réfléchissait à un moyen de s'en défaire, Inwé rentra dans la maison suivie par une douce odeur de pommes.
-Jacob ! Exprima gaiement Inwé à la vue de son mari. Comment vas-tu ce matin ? Rajouta t-elle, un large sourire sur son bon visage.
-Bien chérie et toi ?
-Ça va bien, si ce n’est cette fleur vermeille que j’ai découverte dans le jardin pendant que tu dormais. Je paris que tu as rapport avec ça. Hein ? Questionna Inwé, tout en remplissant un panier de pommes.
Dans son excitation, le vieil homme avait omit de dissimuler cette fleur étrange apportée par l'être intemporel. Encore une fois, Jacob se sentit coupable, maudissant son étourderie, il s'en voulait déjà de mentir à sa femme.
-Tu me réponds ?
-Je l’ai trouvée en marchant près du grand chemin, celui qui mène à la ville. Balbutia Jacob.
-Ha ! Je comprends maintenant pourquoi tu t’es levé si tard, hier tu n’as pas marché, tu as couru ! À ton âge, ce n’est pas sérieux !
Jacob grommela une réponse incompréhensible.
-Quoi ?
-Je vais à la pêche, tu me prépares une collation ?
-À cette heure, les poissons sont déjà au fond du lac et n’ont plus faim ! Rétorqua Inwé visiblement mécontente.
-Pas grave ! J’ai besoin de relaxer avant de me rendre aux champs rejoindre les enfants.
-Bon ! Comme tu le souhaites très cher ! Capitula Inwé s’afférant déjà à sa tâche.

Toute la nuit, Jacob réfléchit à cette aventure, la tête enfouie sous les couvertures, ne cessant de se répéter à quel point il était naïf malgré son âge avancé. Au moment, où il sentait le sommeil enfin le gagner, il pressentit une présence, on l’observait. Des bruits retentissaient dans sa tête, des bruits de tôles froissées, de courants électriques, de morceaux de fers que l’on frotte l’un sur l’autre. Lorsqu’il osa regarder par-dessus sa couverture, ce qu’il vu lui donna un choc effroyable. La créature de lumière se dressait devant son lit, mais sa superficie s’était considérablement réduite depuis la dernière fois qu’il l’avait aperçu dans le jardin. L’être intemporel ne bougeait pas, il n’y a que sa forme qui ondulait, grossissant et se rétractant comme la marée.
-Tu me fais peur petit, dit-il.
Il plongea sa main dans l’eau cherchant le ver, mais il ne le voyait pas tant l’eau était sale. Mais aussitôt il le sentit, celui-ci se baladait entre ses doigts, comme s’il jouait. Le vieil homme retira sa main, regarda une dernière fois dans le tonneau d'eau et monta à sa chambre. Une fois allongé auprès de sa femme, il s’endormit aussitôt.

-Jacob ! C’est quoi ça ? demanda sèchement Inwé.
-Quoi ?
-Le pot ! Il y a un truc qui bouge dedans, comme un ver, c’est pour la pêche ?
-Ha ça non ! Je l’ai trouvé ce matin dans la forêt en me lavant les mains dans une mare.
-Pourquoi l’as-tu ramené ? Il est peut-être dangereux. Dans cette immense forêt, tu sais tous les enchantements qui s'y cachent. Tous les vilains tours que les créatures jouent aux pauvres gens comme nous.
-Mais chérie ! Il est inoffensif ! Ce n’est qu’un banal ver-poisson.
-Mais que vas-tu inventer ? Un ver-poisson ! En plus, comment sais-tu qu’il est inoffensif ? Mais de toute manière je ne veux pas le savoir et surtout je ne veux pas le voir dans notre chambre ! Va le porter dans le jardin ! Il y a un grand récipient où l’eau de pluie s’est ramassée, il sera mieux là que sous mes yeux !
Docilement, le vieillard prit le pot entre ses mains et sortit de la maison pour se rendre au jardin. Le grand récipient en bois était bien là, mais l’eau y était brouillée et souillée.
-Tu veux nager là-dedans petit ? Demanda gentiment Jacob au ver, comme s'il pouvait le comprendre.
En guise de réponse, le ver exécuta deux tours dans son pot. Le vieil homme devissa alors le couvercle et observa le ver. À ce moment, il s'arrêta net de gigoter. Plongeant sa main dans le pot, Jacob en sortit le ver pour le regarder de plus près. Le corps de celui-ci était luminescent et sillionné par des filaments de lumières d’un bleu pâle, comme si ses veines transportaient de l'électricité. Alors qu'il l'observait attentivement, le ver devint subitement chaud dans sa main. Jacob pris peur se rappelant les paroles de sa femme. Par réflexe, il lâcha subitement le ver, mais ce dernier avant d’atteindre le sol, explosa en mille couleurs. Cette transformation du ver tout à fait inattendue fit tombé Jacob par terre, totalement secoué par le spectacle auquel il venait d'assister. Quant au ver, il se métamorphosa en un énorme nuage aux couleurs brillantes et blanchâtres. Le corps immatériel de l'être intemporel occupait maintenant toute la superficie du jardin. Jacob totalement effrayé fuya à toute allure dans sa maison, verrouilla la porte derrière lui et se précipita dans les escaliers qui menaient à sa chambre. Mais avant d’ouvrir la porte, il reprit son souffle et son calme. Elle avait encore une fois eue raison. La créature qu’il avait ramenée de la forêt s’avérait tout compte fait dotée de pouvoirs magiques, voir maléfiques. Jacob ressentait de la honte et de la gêne. Ne voulant pas avouer à sa femme ce qui venait de se dérouler sous ses yeux, il entra doucement dans la chambre et se faufila dans le lit.
-Tu en as pris du temps !
-J’ai marché !
-Et le ver ?
-Je l’ai mis avec les autres pour la pêche demain.
-Bien ! Bonne nuit !
-Bonne nuit !










