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Jeudi 13 avril 2006

Le lendemain matin, Jacob profita de l’absence de sa femme partit au verger pour se diriger vers le tonneau de pluie situé dans le jardin. Sans attendre un instant, il plongea sa main dans l’eau croupie en quête du ver. Aussitôt, l’être affectueux se blottit dans la paume du vieil homme qui en profita pour l’agripper et l’enfourcher dans sa poche. Connaissant l’horaire d’Inwé, Jacob courut donc s’asseoir à la table de la cuisine feignant boire un verre d’eau. Dans tous les cas, il refusait qu’inwé apprenne qu’il cachait encore le ver, cet être qu'il qualifiait lui-même de magique. Il fallait donc qu'il s'en débarrasse au plus vite, afin de mettre un terme aux ennuis occasionnés par cette diabolique découverte.  Comme il réfléchissait à un moyen de s'en défaire, Inwé rentra dans la maison suivie par une douce odeur de pommes.

-Jacob ! Exprima gaiement Inwé à la vue de son mari. Comment vas-tu ce matin ? Rajouta t-elle, un large sourire sur son bon visage.

-Bien chérie et toi ?

-Ça va bien, si ce n’est cette fleur vermeille que j’ai découverte dans le jardin pendant que tu dormais. Je paris que tu as rapport avec ça. Hein ?  Questionna Inwé, tout en remplissant un panier de pommes.

Dans son excitation, le vieil homme avait omit de dissimuler cette fleur étrange apportée par l'être intemporel. Encore une fois, Jacob se sentit coupable, maudissant son étourderie, il s'en voulait déjà de mentir à sa femme. 

-Tu me réponds ?

-Je l’ai trouvée en marchant près du grand chemin, celui qui mène à la ville. Balbutia Jacob.

-Ha ! Je comprends maintenant pourquoi tu t’es levé si tard, hier tu n’as pas marché, tu as couru ! À ton âge, ce n’est pas sérieux !   

Jacob grommela une réponse incompréhensible. 

-Quoi ?

-Je vais à la pêche, tu me prépares une collation ?

-À cette heure, les poissons sont déjà au fond du lac et n’ont plus faim !  Rétorqua Inwé visiblement mécontente.

-Pas grave ! J’ai besoin de relaxer avant de me rendre aux champs rejoindre les enfants.

-Bon ! Comme tu le souhaites très cher ! Capitula Inwé s’afférant déjà à sa tâche.

Inwé connaissait parfaitement son mari, cette fois-ci elle le sentait très soucieux et inquiet. Il lui cachait certainement quelque chose, elle en était certaine. Mais quoi ? Quelques minutes plus tard, Jacob marchait déjà en direction de la forêt totalement absorbé par ses pensées,  n’entendant même pas le petit Ywan lui adresser le bonjour. Alors qu’il ne distinguait plus les champs au travers des arbres, il dissimula sa canne et son coffre de pêche dans les buissons et partit en direction de la mare où il avait découvert hier matin l’être intemporel. Toutefois, la journée précédente avait été chaude et la mare n’existait déjà plus, son eau évaporée par les chauds rayons de l’étoile majeure.

 -Zut que vais-je faire maintenant ? Affirma Jacob songeur dans le silence de la forêt.



Mardi 11 avril 2006

Toute la nuit, Jacob réfléchit à cette aventure, la tête enfouie sous les couvertures, ne cessant de se répéter à quel point il était naïf malgré son âge avancé. Au moment, où il sentait le sommeil enfin le gagner, il pressentit une présence, on l’observait. Des bruits retentissaient dans sa tête, des bruits de tôles froissées, de courants électriques, de morceaux de fers que l’on frotte l’un sur l’autre. Lorsqu’il osa regarder par-dessus sa couverture, ce qu’il vu lui donna un choc effroyable. La créature de lumière se dressait devant son lit, mais sa superficie s’était considérablement réduite depuis la dernière fois qu’il l’avait aperçu dans le jardin. L’être intemporel ne bougeait pas, il n’y a que sa forme qui ondulait, grossissant et se rétractant comme la marée.

-Va t-en ! Chuchota avec agressivité Jacob.

À  ces paroles, le nuage luminescent ondula plus rapidement mais ne quitta pas la pièce. Jacob pris son courage et quitta la chambre sur la pointe des pieds, il descendit les escaliers sans faire de bruits, la créature l’ayant déjà devancée, elle se trouvait maintenant dans la cuisine ondulant au dessus de la table.

-Allez vient ! Suis-moi dans le jardin ! Adressa t-il à la créature de manière autoritaire.

Dehors, dans la nuit, le ver transformé en créature de lumière scintillait. Aux yeux de Jacob, il  devint magnifique et merveilleux. Il tourbillonnait dans les airs, comme s’il dansait une valse à un grand bal, où les lunes se métamorphosaient en lustres et les étoiles en un plancher de pierres précieuses. L’être intemporel virevoltait et son corps translucide formait des figures aléatoires. Il valsait pour le vieil homme, son maître.

-Que tu es beau pour un être magique, murmura Jacob.  

D’un coup sec, l’être luminescent quitta Jacob. Ce dernier n’aperçu pas la direction empruntée par l’être, mais avant même qu’il commence à se questionner, l’être intemporel était de nouveau à ses côtés. Sauf qu’en son sein, parmi toutes ses couleurs, Jacob remarqua une grosse fleur rouge écarlate qui vrillait. L’être intemporel fit un mouvement vers Jacob, celui-ci par réflexe recula, ce n’est que lorsqu’il baissa son regard qu’il remarqua le fleur déposée à ses pieds. Jamais le vieil homme, n’avait vu une fleur semblable dans son pays, car elle provenait d’une autre contrée située à des milliers de kilomètres d’où il résidait avec sa famille.

L’être délaissa le ciel et vint se placer au-dessus du grand  tonneau d’eau, il se retransforma en ver et se laissa tomber dans l’eau brouillée. Aussitôt, le vieil homme se rua sur le couvercle du tonneau laissé par terre et comme il allait le recouvrir, il regarda la fleur et revit en mémoire la danse que l’être luminescent avait auparavant effectuée pour lui. Jacob soupira et remit le couvercle par terre.

-Tu me fais peur petit, dit-il.

Il plongea sa main dans l’eau cherchant le ver, mais il ne le voyait pas tant l’eau était sale. Mais aussitôt il le sentit, celui-ci se baladait entre ses doigts, comme s’il jouait. Le vieil homme retira sa main, regarda une dernière fois dans le tonneau d'eau et monta à sa chambre. Une fois allongé auprès de sa femme, il s’endormit aussitôt. 

 



Aimez-vous ce récit ? (je suis un peu inquiète...), car beaucoup d'aventures attendent Jacob et vous aussi, si vous l'aimez. :-) Car, je vous l'avoue c'est un récit qui est assez long, qui deviendra très fantastique. Bientôt vous verrez donc des sorcières et des lutins et tout un tas de bestioles. 
Vendredi 7 avril 2006

-Jacob ! C’est quoi ça ? demanda sèchement Inwé.
-Quoi ?
-Le pot ! Il y a un truc qui bouge dedans, comme un ver, c’est pour la pêche ?
-Ha ça non ! Je l’ai trouvé ce matin
dans la forêt en me lavant les mains dans une mare.
-Pourquoi l’as-tu ramené ? Il est peut-être dangereux. Dans cette immense forêt, tu sais tous les enchantements qui s'y cachent. Tous les vilains tours que les créatures jouent aux pauvres gens comme nous.
-Mais chérie ! Il est inoffensif ! Ce n’est qu’un banal ver-poisson.
-Mais que vas-tu inventer ? Un ver-poisson ! En plus, comment sais-tu qu’il est inoffensif ? Mais de toute manière je ne veux pas le savoir et surtout je ne veux pas le voir dans notre chambre ! Va le porter dans le jardin ! Il y a un grand récipient où l’eau de pluie s’est ramassée, il sera mieux là que sous mes yeux !

Docilement, le vieillard prit le pot entre ses mains et sortit de la maison pour se rendre au jardin. Le grand récipient en bois était bien là, mais l’eau y était brouillée et souillée.

-Tu veux nager là-dedans petit ? Demanda gentiment Jacob au ver, comme s'il pouvait le comprendre.

En guise de réponse, le ver exécuta deux tours dans son pot. Le vieil homme devissa alors le couvercle et observa le ver. À ce moment, il s'arrêta net de gigoter. Plongeant sa main dans le pot, Jacob en sortit le ver pour le regarder de plus près. Le corps de celui-ci était luminescent et sillionné par des filaments de lumières d’un bleu pâle, comme si ses veines transportaient de l'électricité. Alors qu'il l'observait attentivement, le ver devint subitement chaud dans sa main. Jacob pris peur se rappelant les paroles de sa femme. Par réflexe, il lâcha subitement le ver, mais ce dernier avant d’atteindre le sol, explosa en mille couleurs. Cette transformation du ver tout à fait inattendue fit tombé Jacob par terre, totalement secoué par le spectacle auquel il venait d'assister. Quant au ver, il se métamorphosa en un énorme nuage aux couleurs brillantes et blanchâtres. Le corps immatériel de l'être intemporel occupait maintenant toute la superficie du jardin. Jacob totalement effrayé fuya à toute allure dans sa maison, verrouilla la porte derrière lui et se précipita dans les escaliers qui menaient à sa chambre. Mais avant d’ouvrir la porte, il reprit son souffle et son calme. Elle avait encore une fois eue raison. La créature qu’il avait ramenée de la forêt s’avérait tout compte fait dotée de pouvoirs magiques, voir maléfiques. Jacob ressentait de la honte et de la gêne. Ne voulant pas avouer à sa femme ce qui venait de se dérouler sous ses yeux, il entra doucement dans la chambre et se faufila dans le lit.

-Tu en as pris du temps !
-J’ai marché !
-Et le ver ?
-Je l’ai mis avec les autres pour la pêche demain.  
-Bien ! Bonne nuit !
-Bonne nuit !

 

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