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Bonjour à tous,

Vous risquez de voir des changements dans les jours à venir sur ce blog, plusieurs facteurs me poussent à un tel changement, tout d'abord, j'ai perdu beaucoup d'images depuis quelques temps à Imageschack, ensuite j'ai envie de changer le design tout simplement. J'en profite pour remercier Franky pour la conception de ce design que j'ai adoré plus que tout. 

Je vous remercie tous pour vos visites. J'ai hâte que l'inspiration me revienne. :) À bientôt ! Maja.
Mercredi 6 décembre 2006

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j'ai, que j'ai!

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
A tout l'ennui que j'ai, que j'ai!...

 

Émile Nelligan

Mercredi 6 décembre 2006
«Ce sonnet semble avoir été écrit entre le 26 mai et le 9 août 1899. On ne connaît pas la date exacte. La critique voit le symbole de son destin. La narration met en scène un vaisseau en or massif qui glisse majestueusement sur les mers inconnues, heurte un écueil et coule à pic dans la profondeur du gouffre. En réalité, le vaisseau n'est qu'un prétexte: c'est le coeur du poète qui sombre dans l'abîme du rêve. Autrement dit, c'est le naufrage de l'intelligence lucide. Ce poème a été conçu au couchant d'une intelligence lucide, mais déjà fortement marquée par le délire. Le Vaisseau d'Or est le couronnement des efforts créateurs de Nelligan, l'aboutissement d'une recherche pour se retrouver pleinement dans l'imaginaire, la saisie symbolique de son destin.»

WYCZYNSKI, Paul, Biographie de Nelligan, 1987, p. 315.

Source



Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif:
Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu'est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!


Émile Nelligan (1879-1941)

Mardi 5 décembre 2006

Les Teckels
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